Restaurer et préserver les zones humides

Les milieux humides des plaines alluviales du Rhône et de la Saône possèdent un potentiel écologique remarquable et sont sources de bénéfices divers pour les territoires (qualité de l’eau, ressource en eau, résilience au changement climatique, etc).  Le programme d’action du volet QRBQualité des eaux, Ressources et Biodiversité du Plan Rhône vise à préserver et restaurer leurs fonctionnalités.

Zone humide

Un milieu humide, c’est quoi ?

Un milieu humide est un espace, exploité ou non, caractérisé par la présence d’eau au moins une partie du temps  : marais, tourbières, lagunes, etc. Des fluctuations journalières, saisonnières ou annuelles font varier le niveau de submersion des terres, la salinité de l’eau, la végétation, l’abondance des algues, de poissons, d’oiseaux d’eau et d’autres espèces sauvages, etc selon la période de l’année.

L’eau est le facteur déterminant pour le fonctionnement des milieux humides et pour la vie animale et végétale spécifiques qu’ils abritent.

 

La moitié des zones humides a disparu au cours du siècle dernier

Forêt alluviale, bancs de galets, lônes, roselières ou encore delta du Rhône… La grande diversité des milieux humides des plaines alluviales du Rhône et de la Saône  constitue un potentiel écologique remarquable et contribue au bon fonctionnement de l’ensemble des hydro-systèmes. Pour autant, le fonctionnement fluvial initial de ces milieux naturels et leur richesse écologique ont été perturbés par les modifications profondes : corsetage pour la navigation, aménagements pour lutter contre les crues, développement des activités économiques et du transport.

Les zones humides offrent de nombreux services gratuits

Par exemple, elles contribuent : 

  • A l’écrêtement des crues :

Les zones humides atténuent et décalent le pic de crue en ralentissant et en stockant les eaux. Elles déstockent ensuite progressivement les eaux permettant ainsi la recharge des nappes et le soutien d’étiage.

  • Au soutien d’étiage :

Les têtes de bassin versant jouent un rôle clef pour le soutien d’étiage. Par exemple dans les les tourbières : 70 l d’eau peuvent être potentiellement retenus par un tapis de sphaignes (mousses) de 1 m², épais de 20 cm (Manneville et al., 1999).

  • A l’épuration naturelle :

Les zones humides filtrent une partie des polluants organiques (dénitrification) et stabilisent les sédiments. Elles contribuent ainsi à l’atteinte du bon état écologique des eaux. Des zones humides situées dans de petits bassin versants peuvent retenir plus de 90% des matières en suspension, 86% de l’azote organique, 84% du phosphore total transportés par les eaux de ruissellement (Peterjohn et Correl, 1984).

  • Ce sont des réservoirs de biodiversité :

A l’interface milieu terrestre / milieu aquatique, les zones humides constituent des habitats de choix pour de nombreuses espèces animales et végétales. Les milieux humides accueillent 30% des espèces végétales remarquables et menacées et 50% environ des espèces d’oiseaux (PAZN, 1995).

Les zones humides en vidéo : Zones humides, zones utiles : agissons !

Vers des milieux humides fonctionnels et sources de bénéfices pour les territoires

Préserver et restaurer les zones humides de la vallée alluviale du Rhône et la Saône contribue à maintenir une biodiversité riche et particulière, à favoriser le bon fonctionnement du cycle de l’eau sur les territoires et à renforcer la résilience au changement climatique.
Loutre

La loutre est de retour sur la partie moyenne et méridionale du Rhône

 

Reconquérir les zones humides du Rhône et de la Saône, c’est augmenter les surfaces de zones humides vivantes

Reconquérir les zones humides, c’est enrayer leur disparition et restaurer leur bon fonctionnement. Pour agir efficacement à l’échelle de l’axe Rhône-Saône, une stratégie définit les principes d’action, les sites d’intérêt et les actions prioritaires d’acquisition, de restauration ou de préservation à l’échelle de l’axe Rhône-Saône.

La stratégie priorise l’action sur les secteurs dégradés et menacés afin de :

  • Ne pas perdre de zones humides fonctionnelles.
  • Reconquérir des zones humides fonctionnelles.

L’ambition :  Le volet QRBQualité des eaux, Ressources et Biodiversité vise à augmenter les surfaces de milieux humides fonctionnels

Où agir ?

La priorité est donnée aux secteurs dégradés et menacés. Des cartes présentent le degré de pressions (pollution, aménagements, etc.) et menaces (urbanisme) identifié à l’échelle de l’axe.

> Télécharger la fiche Stratégie zones humides - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,19 Mb

Comment agir ?

L’objectif de la stratégie est d’agir concrètement sur la fonctionnalité des zones humides. Les  interventions doivent permettre de :

  • Répondre aux dégradations existantes en restaurant leur fonctionnement écologique, en synergie avec la restauration du Rhône et de la Saône (à lien vers page hydromorpho) ;
  • lutter contre les menaces telles que l’urbanisation et le changement climatique,  en vue d’éviter leur assèchement et leur disparition (par l’acquisition, leur sécurisation juridique, ...).

Pour en savoir plus sur les acteurs locaux, les ressources en matière d’accompagnement de projet, des retours d’expérience :

  • Synthèse "Eau et connaissance" produite par l'agence de l'eau : Zones humides, zones utiles : restaurons leur fonctionnement !

 

 

 

Les financements dans le cadre du CPIER 2015-2020

Eligibilité des projets

Les financements accompagnent l’ensemble de la vie des projets  (de leur émergence à la réalisation de travaux et aux suivis ultérieurs), y compris l’ingénierie nécessaire à la mise en œuvre des actions.

Le soutien de l’Europe, à travers le POP ,  porte exclusivement sur la mise en œuvre de restauration et d’acquisition de zones humides prioritaires, et sur la valorisation de ces opérations (cf. critères de sélection dans le DOMODocument de mise en œuvre).

Certains territoires sont soumis à des menaces ou dégradations multiples (cf cartes) mais ne sont pas encore connus comme tels ou bien ne font pas encore l’objet de démarches de préservation. L’animation locale réalisée sur ces territoires peut être soutenue par les partenaires du CPIERContrat de Plan Interrégional Etat-Régions (hors POPProgramme Opérationnel Pluri-Régional) dès lors qu’elle vise l’émergence d’une maîtrise d’ouvrage pour une action répondant aux objectifs ci-dessous.

Sélection des projets

=> Les financements portent en priorité sur des zones humides dont la fonctionnalité est menacée (urbanisation notamment) et/ou dégradée (urbanisation, usages, délaissement.

=> La réalisation d’opérations de préservation (ex : acquisition) et de restauration (ex : réouverture de milieu, reconnexion au cours d’eau..) sont des opérations prioritaires.

  • les actions d’acquisition  doivent s’inscrire dans une démarche globale d’action sur le site  : dès l’étape d’acquisition, le maître d’ouvrage identifie les actions qui seront mises en œuvre ensuite, telles que l’élaboration d’un plan de gestion, des travaux de restauration, etc;
  • la restauration  d’un site est à réaliser en déclinaison d’un plan de gestion valide.  Après avoir identifié les causes du dysfonctionnement de la zone humide, différents scénarios de restauration sont à envisager (selon la faisabilité des actions, la réponse aux besoins des acteurs locaux…). La restauration doit générer un gain environnemental, qu’il convient de caractériser avant les travaux, et de mesurer ensuite.

=> Les projets sont priorisés selon le gain environnemental : un objectif de restauration est privilégié devant une opération d’acquisition, elle-même prioritaire, etc.

=> Les opérations s’inscrivent dans une démarche d’ensemble sur un site et font l’objet d’une évaluation de leur impact.

 Pour en savoir plus : téléchargez la présentation de la stratégie

> présentation strategie ZH Plan Rhône - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,75 Mb


Mesurer le gain écologique associé à la restauration de milieux humides

Pour démontrer l'effet de l’action sur le fonctionnement hydrique des zones humides, les indicateurs de la boite à outils Rhoméo sont à privilégier, mais cela n’exclue pas la mobilisation d’autres indicateurs d’évaluation reconnus tels que les indicateurs piscicoles pour l’évaluation de la reconnexion de prairies humides par exemple. La boite à outils Rhoméo fournit 11 indicateurs d’évaluation et 2 indicateurs de pressions pour évaluer l’effet des restaurations sur un site dont les fonctions hydriques sont dégradées. Elle est téléchargeable via internet : http://rhomeo-bao.fr/

L’ensemble des protocoles est disponible dans la boite à outils. A noter en particulier que :

  • Pour mesurer l’effet des programmes de restauration et en particulier sur les fonctions hydriques *, les indicateurs suivants sont à privilégier : hydrologique (I01 à I05), biogéochimique (I06 et I07), biologique (I08 à I11) ;
  • Il convient de prévoir 3 étapes de mesures : une avant travaux et deux après la restauration.

La mise en œuvre de la méthode et l’interprétation des résultats peuvent nécessiter l’avis d’experts. Outre vos contacts habituels auprès des délégations de l’agence, le conservatoire d’espaces naturels peut être mobilisé.