Restaurer la qualité écologique du Rhône et de la Saône

Les lits naturels du Rhône et de la Saône sont stratégiques sur le plan écologique. Corridors biologiques, habitats d’une biodiversité riche et remarquable, ils sont notamment à la source du bon fonctionnement des nappes phréatiques et des zones d’expansion des crues. Ils sont au cœur du volet Qualité des Eaux, Ressource et Biodiversité au sein d’un programme visant la reconquête écologique des secteurs artificialisés.

Bords de Saône - © S. SELO

Bords de Saône - © S. SELO

Les aménagements ont conduit à des dysfonctionnements écologiques

Les aménagements réalisés depuis 100 ans en faveur de la navigation et la production hydroélectrique ont perturbé le fonctionnement écologique des fleuves et rivières en provoquant :

  • la disparition des milieux annexes humides  au fleuve (lônes, forêts alluviales…)
  • la réduction de la dynamique sédimentaire, 
  • l’abaissement local des nappes phréatiques,
  • la déconnexion du fleuve et de son affluent de leurs annexes fluviales,
  • la régression ou la disparition d’espèces aquatiques emblématiques. Pour le Rhône, ce sont par exemple les invertébrés rhéophiles et les grands migrateurs : aloses, anguilles, lamproies, esturgeons. Pour la Saône, ce sont, entre autres, le râle des genêts, le courlis cendré ou encore le brochet.

Les aménagements du Rhône

Les aménagements Girardon présents sur les Vieux Rhône ont conduit depuis 100 ans à la diminution de la dynamique latérale et à l’élévation des marges par accumulation des sédiments dans les casiers. Les milieux alluviaux présents sur les berges (zones humides, forêts, …) sont moins souvent mis en eau et parfois perchés par rapport au fleuve.

photo girardon

digues girardon en Drôme : photographie ancienne

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La réduction de la mobilité du Rhône en Chautagne

La réduction de la mobilité du Rhône en Chautagne : issu de Bravard-et-Klingeman, 1993

 Les aménagements sur la Saône

L’aménagement de la Saône pour la navigation et la protection contre les crues, allié à la faible dynamique naturelle de la Saône, ne permet qu’une faible régénération et une faible résilience des milieux aquatiques.

> consultez les enjeux du corridor alluvial de la Saône - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,43 Mb

 

Volet QRBQualité des eaux, Ressources et Biodiversité 2015-2020 : restaurer plus de 30 km de berges pour redonner vivacité et biodiversité au Rhône et à la Saône

Les opérations de restauration hydromorphologique intégrées à la programmation du volet Qualité des Eaux, Ressource et Biodiversité du Plan Rhône visent à :

  • augmenter ou diversifier les débits à l’aval des barrages par une multiplication de 2 à 10 des débits initiaux depuis 2014 sur le Rhône ;
  • réhabiliter d’anciens bras ou lônes pour diversifier les habitats aquatiques, en les recreusant ou en les reconnectant au cours d’eau. 36 lônes ont été restaurées sur le Rhône depuis 1998, représentant 35 km de cours d’eau ;
  • favoriser un élargissement contrôlé et localisé du lit du Rhône (remobilisation des marges alluviales par démontage d’épis Girardon) pour dynamiser le fonctionnement sédimentaire, redonner des espaces de vie aux organismes aquatiques et limiter les crues. 4 marges ont été remobilisées depuis 2009 sur le Rhône.
Principes de la restauration du Rhône

Principes de la restauration du Rhône : extrait de la synthèse des résultats du suivi scientifique Rhoneco, éditée par le GRAIE

Pour le Rhône, ces actions visent en particulier à retrouver le caractère vif et courant du lit naturel du fleuve, tout en préservant son potentiel hydroélectrique.


Bon à savoir :

-  Redonner un fonctionnement naturel à la rivière peut contribuer à la sécurité des populations face aux crues. Des solutions existent pour composer avec la nature et résoudre beaucoup de problèmes liés à l’érosion et aux effondrements de digues. Ces solutions contribuent aussi à dépolluer les eaux et recharger les nappes souterraines.

-  Ces solutions sont déjà à l’oeuvre dans de nombreux territoires. Pour en savoir plus sur les bénéfices de la restauration des rivières : une vidéo https://www.youtube.com/watch?v=IzrwF4XKUBk  + un guide http://www.eaurmc.fr/fileadmin/grands-dossiers/documents/GEMAPI/Grands_principes_VF1-WEB.pdf


Plusieurs opérations phares sont en cours :

  • Engager la restauration hydromorphologique du Rhône sur les sites majeurs de Miribel-Jonage et Donzère Mondragon ;
  • Sur les sites majeurs et entre eux, développer les actions de remobilisation des marges alluviales du Rhône par la puissance hydraulique du fleuve.
Carte des sites majeurs du Rhône

Carte des sites majeurs du Rhône

Remobilisation des marges alluviales

Remobilisation des marges alluviales

Pour en savoir plus : r essources  à consulter

Les actions engagées depuis 1998 produisent aujourd’hui leurs effets 

Des résultats visibles : 

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Des interventions efficaces :

  • la proportion d’espèces de poissons d’eau courante tels que l’ablette, le barbeau, la vandoise, l’ombre commun et le hotu, caractéristiques des fleuves, a doublé voire triplé ;
  • la diversité des macro-invertébrés a augmenté et le nombre d’invertébrés préférant les eaux vives a été multiplié par des facteurs allant de 5 à 10 ;
  • les lônes recréées ont des durées de vie longues, allant de 25 à plus de 100 ans.

Un fleuve et des milieux annexes en bon état, des bénéfices pour les territoires

Améliorer la connexion entre les cours d’eau et les milieux annexes permet d’aboutir à de nombreux effets positifs :

  • les milieux annexes sont des zones importantes d’échanges entre le cours d’eau et la nappe alluviale : l’eau y est renouvelée, filtrée et y reste fraîche ;
  • les bras annexes constituent des nurseries et des abris pour les poissons lors d’évènements de crue (zone calme) ou des étiages (eau plus fraîche) ;
  • la biodiversité y est particulièrement riche;
  • en périodes de crues, ces zones peuvent absorber une partie des débits et ralentir la montée des eaux.  

De manière générale, ces opérations augmentent la diversité écologique des milieux aquatiques et renforcent leur résilience au changement climatique .

Restaurer les milieux aquatiques favorise également une réappropriation sociale et économique des espaces alluviaux. Ainsi, sur les secteurs du Rhône où des travaux ont été conduits, comme le Haut Rhône, l’aval de Lyon (Pierre Bénite-Vernaison) ou Montélimar, le fleuve redevient le théâtre d’activités de loisirs (sentiers, découvertes, vélo route, passerelle,…) et d’éducation à l’environnement.

Vieux Rhône Péage Roussillon © G. POUSSARD

Vieux Rhône - Péage de Roussillon © G. POUSSARD